Kalachakra Info
Septembre/octobre 2026
Paroles de Maître, Lama Zopa Rinpoché
Les "Vastes Visions" de Lama Zopa Rinpoché
Pour soutenir Sa Sainteté le Dalaï-Lama, développer la FPMT et favoriser le bien de tous les êtres sensibles, Rinpoché a transmis dès 2007 une feuille de route qui développe pour les centres de la Fondation de grands axes de développement. Découvrez la genèse de ce grand dessein altruiste ainsi que les principaux projets qu'il a recommandé de mettre en œuvre (traduction et arrangements de cette communication de la FPMT par Franck).
En mai 2007, Rinpoché était en retraite à Kachoe Dechen Ling situé à Aptos en Californie. Durant une session matinale, il se mit à noter des idées et des souhaits à propos du futur de la FPMT sur une pile de petits papiers Post-it colorés (photo). L’après-midi, il les présenta à ses assistants qui l’accompagnaient.
Les Vastes Visions englobent toutes les activités de la FPMT, actuelles et futures. En les transmettant, Rinpoché a offert une feuille de route claire, qui apportera bienfaits et succès à la Fondation, en créant les causes de mérites et en soutenant les pratiquants sur le chemin vers l’éveil.
Les visions se divisent en quatre grands piliers :
1. Offrir un service constant à Sa Sainteté le Dalaï-Lama
Pour Lama Zopa Rinpoché, la priorité absolue de son organisation était de soutenir, de protéger et de réaliser les souhaits de Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Cela inclut le financement de ses projets, la préservation de la culture tibétaine et l'invitation à donner des enseignements partout dans le monde.
2. Construire des objets sacrés pour la paix mondiale
Rinpoché était convaincu que la simple vue d'un objet sacré (statue, stupa, moulin à prières) permettait de purifier le karma négatif des êtres vivants et de planter les graines de l'éveil. Ses visions incluent notamment :
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Les projets Maitreya : Construire des statues monumentales du futur Bouddha Maitreya en Inde (notamment à Bodhgaya et Kushinagar).
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La multiplication de stupas et de moulins à prières : Construire 100 000 stupas et 100 000 moulins à prières à travers le globe.
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De grandes thangkas : Exposer d'immenses peintures sacrées traditionnelles lors de festivals pour bénir le public.
3. Soutenir la pratique spirituelle et les réalisations
Lama Zopa Rinpoché souhaitait offrir aux pratiquants les conditions idéales pour étudier et méditer en profondeur. Parmi ses recommandations :
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Le soutien aux monastères : Financer les besoins de base (comme la nourriture quotidienne pour des milliers de moines et de moniales via le fonds Sera Je Food Fund ).
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Le développement des centres de retraite : Développer des lieux dédiés aux retraites de longue durée sur le Lamrim (les étapes de la voie vers l'éveil) et le tantra.
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La récitation de soutras : Encourager la récitation mondiale du Soutra de la Lumière d'Or pour pacifier les conflits et amener la paix mondiale.
4. Développer les services sociaux et humanitaires
La compassion doit se traduire par des actes concrets d'aide envers tous les êtres, et notamment :
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L'aide sociale : Financer des écoles, des cliniques médicales, des banques alimentaires et des projets éducatifs basés sur la bienveillance universelle.
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La libération d'animaux : Acheter et relâcher des animaux destinés à l'abattoir tout en les bénissant (des centaines de millions d'animaux ont déjà été libérés sous son inspiration).
Une des illustrations de la mise en œuvre des Vastes Visions jusqu’à présent a été l’année de la compassion créée pour les 90 ans de Sa Sainteté (du 6 juillet 2025 au 6 juillet 2026). Elle s’est traduite par de nombreuses activités dédiées à la longue vie du Dalaï-Lama et au développement des causes de la paix dans le monde.
Tous les détails des Vastes Visions se trouvent sur cette page (en anglais) du site de la FPMT.
Le billet de la directrice
Les chantiers de développement du centre Kalachakra au service des Vastes Visions de Rinpoché
" Chers amis,
Lorsque l’on parle des « Vastes Visions » de Lama Zopa Rinpoché , on fait généralement référence au plan spirituel et humanitaire grandiose qu'il a conçu pour la Fondation pour la Préservation de la Tradition du Mahayana (FPMT). Formulées clairement à partir de 2007, ces visions constituent une feuille de route spirituelle concrète pour préserver le bouddhisme tibétain et soulager la souffrance dans le monde. Pour lui, toutes ces actions extérieures n'avaient qu'un seul but : aider chaque être sensible à développer la Bodhicitta (l'esprit d'éveil altruiste).
Après que Rinpoché ait quitté son corps il y a trois ans, les dirigeants des centres mondiaux de la FPMT se sont réunis en colloque, pour réfléchir à la manière de réaliser progressivement ses Vastes Visions. Et c’est à la suite de cette importante rencontre qu’ont été créés au centre Kalachakra différents groupes de réflexion appelés “chantiers”. Constitués exclusivement de bénévoles, ils se réunissent régulièrement afin de définir et de mettre en œuvre les moyens de développer notre centre et d'être bénéfiques aux êtres. Je souhaite exprimer toute ma gratitude aux équipes impliquées dans ces vertueux projets.
Excellente rentrée à tous et à toutes !"
Élisabeth
Le point sur les "chantiers" du centre Kalachakra
De l'inspiration à l'action : présentation des groupes de travail au centre
Pour contribuer à la réalisation des "Vastes Visions" de Rinpoché, le centre Kalachakra a créé des groupes de travail distincts et complémentaires, appelés "chantiers". Ils ont pour but de définir et de mettre en œuvre les grands axes de développement du centre pour les années à venir. Découvrez les synthèses de ces différents chantiers, écrits par chacun de leurs responsables bénévoles. La photo ci-dessous illustre le chantier (très matériel !) de ce début septembre 2026 au centre de retraite, dans le cadre de sa modernisation.
“Un chantier dédié à la modernisation du centre de retraite de Saint Cosme et dirigé par Vén. Elisabeth a été constitué afin de renforcer son attractivité et favoriser le confort des retraitants, tout en facilitant le travail de l’équipe sur place. Après avoir constaté l'exiguïté de la cuisine et de la salle à manger, il a été décidé de faire les travaux d’extension nécessaires pour doubler les superficies de ces espaces essentiels pour le bon fonctionnement du centre.
L’actualité la plus récente concerne le démarrage effectif des travaux : une entreprise locale vient de commencer des travaux de gros œuvre en ce début septembre. Par la suite, une autre entreprise se concentrera sur les aménagements et les finitions qui rendront l’extension habitable et fonctionnelle.
D’autres travaux sont envisagés dans le futur, comme la construction de chalets supplémentaires de méditation, car ceux qui existent déjà sont très demandés.
Tous ces travaux sont rendus possibles grâce à la générosité du public du centre Kalachakra ainsi qu’à la bonne gestion de ses ressources financières.”
Vén. Élisabeth
“Après plusieurs mois d'échanges et de réflexions, le chantier a abouti à la journée de la compassion en action du 24 mai : une journée de partages, de discussions, de méditations et de rencontres dont le thème principal était la motivation : qu’est-ce qui motive ou empêche mon engagement dans une action de compassion ?
Des témoignages de personnes sont venus renforcer notre motivation, comme Alexandra qui travaille en soins palliatifs et en EPHAD, Justine qui travaille pour l’association “Les Petits Frères Des Pauvres”, notamment dans le domaine de l’accueil et l’hébergement de personnes désocialisées, ou Nicholas qui intervient dans les prisons pour y animer des groupes de parole et de méditations.
Durant la journée, nous avons choisi d’alterner les moments de témoignages ou de discussion avec des moments de méditation, afin de garder présent un équilibre entre la compassion et la sagesse.
Les participants étaient satisfaits de se retrouver pour échanger sur la compassion en action. Les moments forts furent bien sûr les témoignages, un format que nous garderons pour les prochaines éditions. Les moments d’échanges furent timides mais sincères. Nous réfléchissons à l’amélioration des modalités d’échange et de discussion pour faciliter la libre circulation de la parole entre les participants et/ou avec les « témoignants ».
Dans la continuité de nos réflexions sur la compassion en action, nous allons mettre en place un répertoire des différentes associations susceptibles d’aider ceux qui en auraient besoin, en particulier les personnes seules et/ou isolées. Par exemple en cas d’hospitalisation ou d’immobilisation à domicile suite à un accident ou une maladie… D’autres actions sont en cours d’élaboration et nous vous informerons au fur et à mesure de leurs réalisations.
Vénérable Gyaltsen et moi-même serons heureux de vous accueillir pour une nouvelle Journée de la compassion en action le dimanche 18 octobre.”
Vén. Gyaltsen et Martine Villenave
“À l’origine du chantier CEF (Compréhension des Enseignements et Fidélisation des étudiants), il y a une interrogation sur les moyens d’optimiser la bonne compréhension des enseignements proposés par le centre et sur les facteurs susceptibles de renforcer l’assiduité des étudiants aux différents programmes.
Une consultation a été lancée en deux vagues, l’une en janvier 2026, et l’autre en avril 2026. Elle a concerné les étudiants des programmes formalisés (DB, EB, PEBA, Programme Avancé) ainsi que les coordinateurs de ces programmes et les enseignants des programmes DB et EB.
Cette consultation a permis :
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de mettre en évidence les points forts de ces programmes du point de vue des étudiants,
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d’identifier les points susceptibles d’être améliorés pour favoriser une meilleure compréhension et assimilation des contenus,
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de mener une réflexion sur les facteurs favorables à l’assiduité et sur les raisons de certains « décrochages »,
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et de recueillir appréciations, remarques, suggestions, et attentes.
Il en ressort les grandes orientations suivantes :
1/ L’importance de la convivialité entre étudiants, la qualité de l’accueil ressentie au centre et la stimulation qu’apporte la dynamique de groupe. C’est pourquoi il a été proposé la création d’un Comité de Bienvenue. L’objectif est d’accompagner plus systématiquement les nouveaux venus, afin de faciliter leur cheminement au sein du centre. Outre les «dimanches de bienvenue» déjà existants (une fois par mois), ce Comité proposera à ceux qui le souhaitent un accompagnement personnalisé avec un « facilitateur » attitré qui pourra répondre le temps nécessaire à toutes leurs questions. Ce Comité viendra donc renforcer la convivialité, apparue comme essentielle.
2/ La proposition d’une guidance et d’un soutien renforcés, sous forme par exemple :
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de la mise en place de « groupes de révision » ; ils se distingueront des groupes de discussion déjà existants, soit par la présence d’un enseignant, ou par le fait que ce sont les questions des étudiants qui en seront l’objet principal ;
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d’une optimisation des différents supports existants et de la création de supports complémentaires ;
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de conseils de lecture, de programmes ponctuels, de retraites, etc. qui seront donnés par l’enseignant en fonction de leur pertinence ; ces conseils sont déjà présents dans les différents mails envoyés par les coordinateurs, mais il semble que ces mails ne soient pas lus, ou lus partiellement.
3/ Une présentation plus explicite de l’articulation entre les différents programmes disponibles, de leurs modalités et de leurs prérequis, afin qu’il soit plus aisé de repérer celui qui correspond le mieux au niveau et aux objectifs de l’étudiant.”
Catherine
"
Après avoir découvert le bouddhisme à Kopan en 2004, j'ai été surpris de découvrir une différence d'âge en arrivant au centre Kalachakra : À 32 ans j'étais un des plus vieux du groupe d'une centaine de retraitants à Kopan, mais parmi les plus jeunes des programmes que j'ai suivi au centre Kalachakra à mon retour. Plus de 20 ans plus tard, je me repose la même question de la participation des jeunes aux activités du centre. Cette fois, je ne fais plus partie des jeunes. Un chantier a été lancé pour mieux répondre aux besoins des jeunes.
D'abord, nous avons essayé de quantifier combien de jeunes fréquentent le centre, car la date de naissance de notre public est renseignée dans nos bases de données. Nous avons été surpris de constater que 20% des participants au centre ont moins de 35 ans, ce qui correspond quasiment à la part de cette tranche d’âge dans la population française.
Nous avons ensuite organisé des entretiens individuels, un échange en groupe avec quelques jeunes et envoyé un questionnaire pour mieux comprendre leurs habitudes et leurs attentes. Globalement, les jeunes interrogés sont très satisfaits de ce qui est proposé par le centre et ne voient pas nécessairement le besoin d'adapter l'offre ; ils souhaitent que les enseignements et retraites soient authentiques et que l’on ne crée pas quelque chose de plus light pour eux. Ils sont très présents en particulier à la méditation du mercredi soir, à DB et à certaines retraites (vipassana et shamata en particulier).
Quelques aménagements ont été toutefois identifiés pour mieux répondre aux besoins :
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Le rendez-vous « Les Jeunes ont la parole » est repensé avec un format plus convivial, Éthique et méditation, centré sur des problématiques de la vie quotidienne, et déplacé au jeudi soir, un créneau jugé plus adapté que le samedi matin quand on est sorti la veille.
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La création d'un podcast (éventuellement complété par des vidéos courtes) est proposée afin de diffuser régulièrement des contenus de 10 à 20 minutes sur la philosophie bouddhiste et la manière de l'appliquer au quotidien.
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La communication à destination des jeunes va être renforcée, notamment via un groupe WhatsApp et quelques mails dans l'année à destination des moins de 35 ans.
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Une amélioration du site internet est enfin recommandée, afin de mieux orienter les nouveaux venus grâce à un parcours plus clair et progressif.
Un petit groupe de jeunes très impliqués au centre a été constitué pour mettre en œuvre ces différentes activités.”
Arnaud
“Dans le cadre des Vastes Visions, le chantier “Générer de nouvelles sources de financement et réaliser des pratiques de causes subtiles”, appelé Gong (richesse en tibétain) a été lancé en février 2026. Il est animé par Vén. Élisabeth, Vén. Elio et Laurent (trésorier), et il poursuit deux objectifs :
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réaliser des pratiques de causes subtiles, telles que les vases de richesse
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trouver et mettre en oeuvre de nouvelles sources de financement, pour financer le chantier de modernisation du centre de retraite (200 000 €), et assurer l’équilibre financier du centre Kalachakra (50 000 € par an)
12 actions ont été identifiées, telles que des dons réalisés par le centre à chaque date auspicieuse, la poursuite d’appels à dons dédiés pour la modernisation du centre, la sensibilisation sur la possibilité de désigner le centre comme bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie, l’optimisation des coûts du chantier de modernisation et des coûts de fonctionnement, l’optimisation de la trésorerie…
Au premier semestre 2026, plusieurs actions ont été engagées. Grâce à la générosité des donateurs, le financement du chantier de modernisation est en bonne voie. Des économies importantes sur les coûts du chantier de modernisation ont été obtenues, et certains frais de fonctionnement ont été optimisés (outil de mailing, abonnement zoom, frais financiers). Ces actions sont à poursuivre au second semestre 2026.”
Laurent
Big Love - Morceaux choisis #54
Des étudiants aux besoins spéciaux
Chaque mois, nous vous proposons un extrait en français de "Big Love", la fameuse biographie de Lama Yéshé (Traduction par Michelle).
L'extrait suivant évoque un outil assez particulier utilisé par "Lama" pour discipliner l'esprit : une branche de céleri !
Lama Yéshé aimait déambuler dans la propriété de Tchènrézig qui était, pour une bonne part, constituée d’une forêt tropicale humide et luxuriante. Il rentrait souvent avec des fougères exotiques qu’il rempotait dans de petits arrangements pour la maison. Il apprit aussi à connaître le terrain. Un jour, pointant un certain endroit proche de l’installation extrêmement primitive des douches -un tambour suspendu empli d’eau chaude-, Lama dit à un étudiant de creuser pour trouver la source qui s’y trouvait, opération qui fut couronnée de succès. […] On considère que pareille compréhension de la nature et de l’eau est l’un des fruits d’une pratique méditative réussie.
Inta McKimm amena sa fille de 10 ans, Miffi [photo], au cours de Tchènrézig mais quand la petite fille se retrouva avec une grippe, Lama Yéshé l’invita chez lui. Miffi raconte : « Il me dit que la meilleure façon d’aller mieux était de bien manger. Lama Zopa, très silencieux, passait beaucoup de temps à nous faire des momos. Je crois qu’il était timide. Quand nous passions à table, Lama et moi avions très bon appétit. Nous parlions de choses normales et riions beaucoup.
Après le déjeuner, nous nous installions sur la véranda, regardant au loin l’Océan Pacifique et Lama marchait de long en large en se frappant la poitrine. Il dit que c’était des exercices préconisés par le médecin pour son cœur, ça ressemblait beaucoup aux danses tibétaines. Une fois, il me dit de me mettre sur une jambe et nous avons commencé à sauter comme des cabris sur la véranda jusqu’à ce que toute la maison tremble et que les vitres vibrent. « Ces maisons sont supposées résister aux cyclones ! » dit-il, tandis que tout continuait encore de brinquebaler. Il appuya alors un peu sur un mur qui s’ouvrit instantanément. C’était une porte secrète vers sa pièce de méditation. J’étais une petite fille du genre sérieux à qui il dispensa des tas de câlins et de hugs puissants et doux. »
Sa gentillesse jointe à une absolue normalité constituait l’un des plus grands pouvoirs de Lama. La mère de Yéshé Khadro vivait non loin du centre. Lama Yéshé lui envoyait toujours une carte pour Noël, et cette fois, elle l’invita à dîner. « C’était le soir de mon feuilleton TV favori, dit Corrie Obst. Évidemment, à la place, je me mis à table avec lui pour dîner. Soudain, il me regarda et dit : « Vous ne voudriez pas regarder la télé ? » Je lui répondis que si, j’aimerais. Je m’installai donc devant le récepteur et il s’installa à côté de moi, avec ma plus petite fille sur les genoux. Et c’était magnifique pour elle du fait que son père était mort. »
Il arrivait toutefois que des gens puissent nécessiter un traitement tout à fait différent de la normale. Une femme avait amené son fils adulte au cours de méditation dans l’espoir que cela améliore sa schizophrénie. Mais celui-ci aimait reluquer les filles sous la douche, aussi demanda-t-on à Lama de lui parler. Lama demanda à Jhampa Zangpo de le seconder dans une poudja visant à chasser les esprits du jeune homme.
« Lama dit des prières sur lui pendant au moins 5 minutes puis quitta la pièce, se rappelle Jhampa. Je restai avec le jeune homme qui était particulièrement grand et costaud. Lama revint avec une grosse brassée de céléri australien, très ferme et solide. Il se tint au-dessus du gars disant : « Ce n’est pas toi (le responsable), c’est la folie de ton esprit. » Et il se mit à lui frapper la tête avec le céléri. Il continua ainsi à le battre encore et encore avec le céléri tout en répétant la même chose jusqu’à ce qu’il soit suant et soufflant et que des bouts de céleri effilochés pendent un peu partout.
Alors le gars leva vers Lama ses yeux injectés de sang : « Vous m’avez battu » hurla-t-il en se jetant sur lui. Il était vraiment grand et je suis plutôt petit, toujours est-il que je réussis à l’attaquer par derrière et à le plaquer contre le mur. Lama se faufila hors de la chambre et ferma la porte. Alors le gars se retourna contre moi. Au début, je me pris pour un bodhisattva et me laissai frapper mais après quatre ou cinq coups, je pensai : « Bon, ça suffit cet enfer ! ». J’ouvris grand les portes-fenêtres du balcon et sautai par-dessus bord, une chute de presque 3 mètres ! […] [ Le gars finit par être maîtrisé et quitta le cours peu après.
Je retournai à la maison arborant deux yeux au beurre noir ; « Tout va bien, dear ? » demanda Lama. J’acquiesçai et il rajouta : « Est-ce que tu as répliqué ? », je répondis négativement, ce à quoi il répliqua : « Oh tu aurais dû » et cela me mit en rage.
Octobre au centre Kalachakra
C'est la rentrée ! Retrouvez ci-dessous le tableau des activités du mois d'octobre,
puis les suggestions d'Arnaud concernant les évènements marquants.
En octobre au centre Kalachakra, nos activités auront déjà bien repris et les différents programmes d'étude se terminent avant le démarrage de nouveaux cycles en janvier 2027.
Quelques événements à ne pas rater :
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le samedi 3 octobre, nous accueillerons 4 moines de Séra Jé, un des grands monastères bouddhistes tibétains installés dans le sud de l'Inde après l'invasion du Tibet par la Chine. De 10h30 à 16h30, ils partageront sur leur vie monastique et guideront des prières et rituels. Il sera également possible d'organiser une bénédiction de son logement dans les jours qui suivent.
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Le jeudi 8 octobre c'est la deuxième rencontre Éthique et Méditation. Ce nouveau rendez-vous mensuel surtout tourné vers les jeunes est un moment pour pratiquer la méditation ensemble et partager des repères et outils concrets pour mener une vie plus harmonieuse.
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Le week-end des 9-10 octobre, Kévin guide une retraite de Lu-Jong, une forme traditionnelle de yoga tibétain.
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Du 17 au 25 octobre c'est notre retraite d'automne de Vipassana, suivie de quelques jours de Mahamoudra du 25 au 29 octobre.
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Le dimanche 18 octobre, c'est la deuxième édition de “Compassion en action”, une journée pour s'entrainer à développer la compassion au quotidien à travers des méditations, des temps d'échange et des témoignages d'actions concrètes et inspirantes.
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Du 29 octobre au 1er novembre, Vén. Gyaltsen guide une retraite de Nyoung Né, une puissante pratique de purification et de développement de la compassion en lien avec Tchenrezi. Cette pratique implique un jeûne sur 2 jours (y compris un jeûne strict sans boisson sur une journée) ainsi que le silence et de nombreuses prières et prosternations.
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Le samedi 31 octobre, le docteur Hugues Gouzènes explique une méthode pour développer la concentration, la stabilité émotionnelle et la santé à travers le souffle. Il alternera des temps d'explication théorique et de pratique de techniques qu'il a beaucoup étudié et pratiqué.
Rencontre avec Bertrand
"Je suis émerveillé par la manière dont les lamas s'y prennent pour nous relier et mobiliser nos compétences de manière si fluide et organique"
Bertrand Beauregard est un étudiant de longue date de Lama Zopa Rinpoché. Entrepreneur, il exerce des activités de coaching et de formation. En tant que coach d'entreprise, il a accompagné le centre Kalachakra de manière bénévole. Propos recueillis par Arnaud.
Comment t'es tu retrouvé impliqué au centre ?
Je crois que c’est avant tout une intention de service et du karma. J’ai 46 ans. Je découvre le bouddhisme tibétain à l’âge de 25 ans chez les nyingma, avec une reliance particulière avec le monastère Schéchen de Matthieu Ricard, Rabjam Rinpoché puis Trulshik Rinpoché. À la suite du parinirvana de Trulshik Rinpoché, je cherchais un lama pour m’enseigner. À cette époque, en parallèle de mon activité professionnelle, je me rendais fréquemment au Népal pour des actions d’accompagnement d’entrepreneurs sociaux. À chaque voyage, je me rendais au monastère blanc (Ka-Nying Shedrub Ling) à Bouddhanath pour rencontrer Chokyi Nyigma Rinpoché et Chokling Rinpoché. J’ai rencontré à plusieurs reprises Chokling Rinpoché durant une audience pour lui demander s'il voulait bien être mon maître. À chaque fois, après avoir réalisé un Mo, il me répondait en prononçant un nom que je n’entendais pas bien, quelque chose comme « Lama Zopa Rinpoché ». Je ne voulais pas comprendre, ou bien j’étais tout simplement têtu [rires]. La dernière fois, avant de sortir de la pièce, un étudiant américain me rattrapa et me tendit le nom de « Lama Zopa » sur un papier. Rinpoché souriait. J’avais enfin compris son message.
Dans la foulée, je suis allé à Kopan et tout s'est ouvert rapidement. J'y ai trouvé un enseignement incarné, structuré et adapté à notre culture. J’avais vraiment le sentiment d’appartenir à une famille spirituelle, en recevant des conseils directs pour ma pratique... Je me reconnaissais dans les valeurs de sagesse et de compassion. Motivé et enthousiaste, j’envisageais même l’idée d'être moine, mais je crois que cela n'arrivera peut-être pas dans cette vie [rires]. En réalité, la question de fond que je me posais était comment utiliser mes compétences au service des êtres. Il y a tellement de manières d’étudier, de pratiquer et de servir. En 2016, je me suis rendu à Bangalore pour suivre des enseignements, par l'intermédiaire de Vén. Roger (dont l’engagement m’a toujours touché), j'ai proposé à Lama Zopa Rinpoché de former les moines de Kopan au management et à la communication. La même année, avec l’aide de Matthieu Ricard, j'avais déjà mené ce type d’action avec les Khenpos du monastère de Schechen. Ce format avait été bien accueilli. Rinpoché a accepté. Mon cœur était en joie.
J’ai beaucoup aimé cette démarche atypique de transmettre des techniques modernes de communication et de management à des moines. Je me souviens par exemple de voir les moines de Kopan passer des questionnaires à dimension psychométrique tels que l’HOVTA sur leur smartphone pour identifier leurs valeurs et leurs talents. J’aborde cette expérience singulière dans l’un de mes livres. Les diagrammes des valeurs des moines m’impressionnent toujours. J’aime beaucoup cette image de contraste entre tradition et modernité. Pour moi c’est aussi cela que représente le dharma : un enseignement de sagesse qui traverse le temps en s’adaptant aux codes de notre époque.
Quand j'ai fini ce cycle de formation, Khen Rinpoché m'a demandé de déployer le même format auprès des nonnes. Son intention m’a beaucoup touché. J’y voyais le fait d'inclure le féminin dans une culture qui peut encore sembler très patriarcale. J’ai accepté. À leur contact, encore une fois, j’ai eu la sensation de recevoir autant que je donnais. Entre 2017 à 2018, nous avons formé 49 staffs sur trois jours, suivis d’une journée de coaching l’année suivante. Je ne remercierai jamais assez Lama Zopa, Khen Rinpoché, Vén. Roger et Geshe Jangchup pour leur confiance, et surtout Ani Fran, Mukya et Zoksang pour leur aide dans l’organisation et la logistique. Quelle aventure humaine !
Ensuite, j'ai rencontré Andrew Haynes qui était au board de la FPMT. J’apprécie vraiment chez lui son engagement et son ouverture. Nous parlions coaching et agilité. Il m'a orienté vers l'institut Lama Tsongkhapa où j'ai réalisé un coaching d'équipe en 2020. Ensuite, j’ai ouvert ma proposition à d'autres centres. Je connaissais le centre Kalachakra par l'intermédiaire d’amis de Vajrayogini et du monastère de Nalanda, ainsi que par Guéshé Dorji Damdul dont j’aime la profondeur et la modernité de l’enseignement. Par l'intermédiaire de Nicolas Balthazar avec qui j’avais réalisé des retraites à Tushita, Vén. Élisabeth a découvert mes activités et m'a contacté. À chaque accompagnement au sein de la FPMT, je suis profondément touché par l’implication des équipes qui déploient leurs compétences pour servir les êtres.
Qu'est-ce que tu as fait avec le centre ?
En octobre 2025, j'ai travaillé pendant deux jours avec le conseil d'administration élargi [Vén. Élisabeth, Vén. Denyeu, Laurent, Arnaud, Isabelle, Virginie et Magali]. Nous avons renforcé la cohésion et structuré l'organisation du centre en partant de la vision des maitres pour définir les valeurs et les engagements du centre, avec une stratégie et des projets. La phase de priorisation fut un élément clé. En effet, au début je vous trouvais très gourmands et je craignais que vous vous épuisiez face à l’ambition de tous les projets. C’est ainsi que je vous ai proposé de réaliser les projets en les découpant sous la forme de chantiers avec des pilotes, des ressources, des objectifs, des indicateurs de réussite et des livrables. Ensuite, pour consolider les avancées, je vous ai proposé de vous accompagner en suivi comme je le ferais en coaching. Nous nous sommes retrouvés en visio-conférence pour suivre la mise en place des actions et renforcer votre autonomie. L’enjeu était de célébrer les avancées, d’identifier les obstacles et élaborer des plans d’actions orientées vers les solutions. À chaque rencontre, j'ai ressenti un immense plaisir à retrouver l'équipe. J’ai aimé la complémentarité de vos personnalités et votre capacité à nommer les choses avec franchise et bienveillance. J'ai été aussi très impressionné par tout ce que vous avez réalisé en seulement quelques mois. J’ai vraiment adoré travailler avec vous. Votre enthousiasme est palpable. Votre engagement est inspirant.
Au fond, au-delà du travail réalisé, ce qui m'a le plus touché à Kalachakra, c'est votre capacité à créer du lien et votre manière d'inclure l'autre. Comme tu m’as dit Arnaud à la fin de l’accompagnement : « C’était important d’être accompagné par un tiers neutre, compétent et qui connaisse le Dharma… » Puis tu as ajouté « Mais, tu n’es plus vraiment un tiers, tu fais partie de la famille ». C’est cela qui me touche aussi au sein de la FPMT, c’est ce family feeling si cher à Lama Yeshe. Je suis toujours émerveillé par la manière dont les lamas s’y prennent pour nous relier et nous inviter à mobiliser nos compétences de manière si fluide et organique. Juste : Wow ! Wow ! Wow !
Comment vois-tu la suite ?
Je souhaite une pleine expansion au centre Kalachakra avec de l'abondance, de la joie, de la fluidité et des conditions idéales pour les enseignements et la pratique... De mon côté, à ma mesure, je souhaite continuer de servir la FPMT. Je suis admiratif devant l’agenda de Kalachakra avec notamment la venue de grands maîtres. Un immense merci à Vén. Elisabeth, Elio, Arnaud, Laurent, Isabelle, Virginie et Magali pour tout ce que vous menez de front avec les bénévoles. C’est très précieux. Depuis le temps que Vén. Élisabeth et Magali m'y invitent, j'espère pouvoir participer prochainement à une de vos retraites à Saint Cosme. Je reste aussi à votre disposition si vous avez d’autres besoins en termes d’accompagnement.
Puisse la bodhicitta continuer d’imprégner nos cœurs et inspirer nos actions quotidiennes. Plein d’amour.
Séquence rétro : dans les archives du centre Kalachakra
Chaque mois, nous ressortons du grenier une ou plusieurs photos qui nous rappellent de beaux moments.
L'été 2026 à Saint-Cosme : des retraites éclairantes, des maitres inspirants, des moments inoubliables... et de la chaleur, aussi !