Kalachakra Info
Avril/mai 2026
Paroles de nos Maîtres, Lama Yéshé et Lama Zopa Rinpoché
"Pour favoriser la paix dans le monde, commencez d'abord par libérer votre esprit de ses perturbations émotionnelles"
Découvrez ces mots de nos maitres qui nous éclairent sur la manière d'appréhender et de faire face aux conflits mondiaux (traduction et arrangements par Franck).
De Lama Thouten Yéshé :
"
Il est très important de comprendre que si nous nous laissons emporter par l’anxiété, la peur et les désordres émotionnels, nous ne ferons que produire davantage de confusion en nous mêmes. Quand l’esprit est obscurci, nous transmettons une énergie semblable aux autres et à tout l’environnement.
Apporter la paix dans le monde, ce n’est pas une mince affaire. Nous devons prendre sur nous une responsabilité universelle. Au niveau individuel, nous devons déjà faire en sorte de ne jamais nuire à qui que ce soit et de générer la résolution indestructible que, quelles que soient les circonstances, nous ne toucherons jamais une arme ou ne tuerons d’être humain. Nous devons avoir ce type de détermination. Si vous ne le pensez pas vous même, comment pouvez-vous dire aux autres d’arrêter de tuer ? Ce n’est pas réaliste. Pour faire comprendre la dangerosité et la cruauté potentielles de l’énergie nucléaire, nous devons d’abord éduquer notre esprit.
Nous ne devrions pas nous inquiéter à propos de l’ère nucléaire, parce qu’elle est déjà là. Nous sommes des êtres humains et nous avons créé cette situation. Nous avons allumé l’étincelle depuis déjà un bon moment. Certes, l’uranium existe depuis la naissance de la terre, mais c’est l’intelligence humaine qui l’a rendu dangereux à ce point. Dans le bouddhisme, nous appelons cela karma. Quand une situation s’est manifestée, la meilleure chose à faire est d’en accepter le fait, et de faire avec.
Il n’y a aucune raison de nous détester les uns les autres, toutefois il faut comprendre que l’anxiété apporte la haine. Par conséquent, nous devons interroger notre motivation si nous nous engageons dans des actions en faveur du désarmement ou de la fin du nucléaire. Pourquoi s’interroger ? Parce que nos raisons sont peut-être égoïstes : la peur de notre propre destruction. À l’inverse, nous devrions être sensibles au sort de l’humanité toute entière. Cela, c’est la bonne motivation, elle n’est pas accompagnée d’émotion perturbatrice. Ainsi, même s’il peut vous arriver d’être anxieux-se ou apeuré(e), votre peur ne proviendra plus d’un désordre émotionnel sous-jacent." Lire la suite (en anglais)
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De Lama Zopa Rinpoché :
"Pour la personne qui a rencontré le bouddhisme, chaque situation de guerre ou de catastrophe naturelle, chaque situation qui peut raccourcir la vie, toutes ces petites circonstances pouvant menacer la vie et qui créent davantage d’incertitude sur les possibilités de survie, offrent en réalité d’incroyables opportunités de pratiquer le dharma de manière profonde”, indiquait Rinpoché en 2001 au lendemain des attentats du 11 septembre. “Ces situations contribuent à développer une inspiration profonde à pratiquer, parce que seule la pratique permet de nous libérer de la souffrance et atteindre le bonheur, qu’il soit temporaire ou ultime. Par la pratique, de telles circonstances terrifiantes nous aident finalement à dépasser toutes les illusions." Lire la suite (en anglais)
Le billet de la directrice
"La prière est un moteur de paix"
"Chers amis,
La prière est un moteur de paix qui permet de transformer le cœur de celui qui prie, l'orientant vers la compassion plutôt que vers la haine. Elle permet de transformer l'esprit, en développant des valeurs de pardon et de réconciliation qui préparent le terrain pour la paix après le conflit.
De la même manière que les drapeaux de prière tibétains utilisent le vent pour propulser des souhaits de paix et de bien-être à travers le monde, la prière devient un vecteur vertueux, issu du pouvoir de l'esprit. C’est un levier pour influencer le cours des choses. Pour un bouddhiste, il ne s’agit pas de demander une intervention à une divinité extérieure mais plutôt de transformer son propre esprit et d'influencer l'énergie subtile de l'univers. C'est avant tout une aspiration profonde qui réside dans l'intention : en priant pour la paix ou pour la fin de la souffrance, le pratiquant dirige son énergie mentale vers un but vertueux, ce qui influence ses actions futures ; c'est le vœu de l'éveil pour le bien de tous les êtres.
En ces temps difficiles, nous profitons de cette lettre d'information pour partager la sagesse des enseignements de nos maîtres, Lama Yeshe et Lama Zopa Rinpoché, sur la paix mondiale.
Joli printemps à tous et à toutes !"
Élisabeth
Participez à notre programme de pratique pour la paix dans le monde !
Big Love - Morceaux choisis #51
Les lamas bravent un esprit à l'Institut Tchenrezi en Australie
Chaque mois, nous vous proposons un extrait en français de "Big Love", la fameuse biographie de Lama Yéshé (Traduction par Michelle).
L'extrait suivant évoque l'influence perturbatrice d'un esprit auprès des étudiants de Lama.
" Les lamas arrivèrent à Sydney le 8 juin et se rendirent immédiatement à Chenrezig dans le Queensland. Le cours devait commencer deux jours plus tard pour s’achever le 3 juillet. Cent huit personnes étaient inscrites. Anilah Ann et Yéshé Khadro avaient tout préparé, dont une jolie maison pour les lamas au sommet de la propriété vallonnée. Les caravanes appartenaient définitivement au passé.
Adele Hulse […] se souvient : « Le lieu était quasiment désert. Je finis par retrouver Yéshé Khadro qui m’apprit que presque tout le monde était parti suivre des « enseignements » d’une certaine Mary qui vivait depuis plusieurs mois dans les environs et prétendait servir de canal à un esprit. Yéshé Khadro avait assisté à une session pour se faire une opinion. »
Yéshé Khadro dit qu’après avoir découvert ce qui se passait, elle avait rêvé qu’elle chassait des lieux un chat noir. Tandis que les étudiants transcrivaient chaque mot de l’esprit que prononçait Mary, les enseignements enregistrés des lamas étaient boudés. Les étudiants subjugués par Mary, lui construisirent même une cabane juste à côté de la gompa. On donna, à elle et son labrador, une place au premier rang.
Quand les lamas arrivèrent, ils invitèrent Mary chez eux pour examiner l’esprit lors d’un débat. Durant cet examen, le cuisinier, Tom Tree, […] livra de la crème glacée. Lama Yéshé ouvrit la porte et lui dit de la mettre directement dans le frigo. Tom remarqua que Lama semblait totalement calme mais quand il jeta un œil à l’intérieur de la pièce, il vit Mary qui se tortillait et s’agitait sur sa chaise comme si elle était possédée ; elle avait la tête d’un très vieil homme.
La seule question que Lama posa à l’esprit fut : « La vue de la vacuité prônée par Nagarjuna est-elle correcte ou pas ? » Mais l’esprit ne sut pas répondre, il marmona quelque chose concernant les huit dharmas mondains que Rinpoché venait de donner dans la gompa. Lama identifia l’esprit comme étant un préta, un fantôme affamé, un genre d’esprit errant que rongent habituellement une faim et une soif insatiables. Mais cet esprit particulier était très attaché au fait d’avoir un entourage de disciples dévoués. Les lamas dirent que c’était très dangereux car cela menait à une dépendance malsaine du médium sur l’entité qui s’exprimait par son intermédiaire. Mary demanda si elle pouvait rester à Chenrezig en tant que médium. La réponse de Lama fut nette : « Absolument pas. »
Il apparaissait très clairement que l’atmosphère était très lourde dans le centre avec une scission notable des allégeances. Les étudiants avaient à prendre leur décision. Voulaient-ils suivre l’esprit ou les enseignements des lamas ? Anila Ann et Mary quittèrent Chenrezig le soir même. Il n’y eût même pas d’au-revoir. Toute l’histoire était très perturbante pour tout le monde.
Un soir suivant, Lama Yéshé intervint dans la gompa : “Quand vous prenez refuge, ce qui compte c’est que vous le fassiez seulement vis-à-vis d’un objet pur, qui ait dépassé esprit partisan et dualité”. Lama expliqua que les prétas en tant qu’êtres ordinaires, sont de ce fait aussi inconstants que les humains. Tant qu’ils sont contents, loués et vénérés, ils peuvent être utiles mais la moindre erreur en paroles ou en actes peut vite les offenser. Alors ils deviennent nuisibles. Il ne fit aucune référence spécifique à Mary ou à l’esprit mais chaque personne présente comprit clairement que prendre refuge en n’importe qui d’autre que le bouddha, le dharma et la sangha pouvait être potentiellement dangereux.
Lama raconta l’histoire d’un domestique de sa famille. Cet homme avait été dévoué à un esprit mais en rejoignant la maisonnée de Lama, il était devenu bouddhiste. Cependant il avait conclu un pacte avec l’esprit de lui faire à vie des offrandes un certain jour chaque année. Une année, il oublia. Peu de temps après, on le trouva sur les bords de la rivière voisine se tortillant de douleur suite à une bonne raclée ; on eut bien du mal à le réanimer.
Avec un geste tranchant radical de la main, Lama Yéshé leva toute ambiguïté : les étudiants devaient n'avoir rien à faire avec les esprits à Chenrezig institute, sinon il s'en irait et ne reviendrait jamais."
Mai au centre Kalachakra
Retrouvez ci-dessous le tableau des activités du mois de mai,
puis les suggestions d'Arnaud concernant les évènements marquants.
Plusieurs propositions passionnantes pour le mois de mai :
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Le 1er mai, nous nous retrouvons avec d'autres traditions pour réfléchir, partager et pratiquer ensemble lors des rencontres interreligieuses de S'asseoir ensemble.
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Les 2 et 3 mai nous avons le grand bonheur de retrouver la Vén. Robina Courtin qui enseignera sur la compassion courageuse.
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En parallèle pour ce long week-end, vous pouvez pratiquer un Nyoung Né, cette pratique intensive de purification et de développement de la compassion avec Vén. Gyaltsen au centre de retraite de Saint Cosme.
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Le mercredi 6 mai, Vén. Amy Miller guidera notre méditation du mercredi, puis nous nous réjouissons de la retrouver au centre de retraite où elle guidera une retraite sur la nature de l'esprit. Les deux retraites précédentes ont été extrêmement appréciées et nous vous incitons fortement à vous inscrire.
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Le dimanche 10 mai aura lieu la deuxième session de notre programme avancé, la foi et la raison. Guéshé Dakpa nous aide à approfondir notre compréhension de la vacuité pour nous rapprocher de sa réalisation en expliquant un texte de Nagarjuna. Si vous avez déjà des bases solides en philosophie bouddhiste, ce n'est que la deuxième session et vous pouvez tout à fait prendre le train en route.
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Le soir du 10 mai, c'est l'AG du centre Kalachakra sur zoom. Si vous êtes membre, c'est le moment de nous réjouir de tout ce qui a été accompli et pour échanger sur la vie de l'association, entendre les projets, nous faire un retour sur ce que vous avez apprécié ou souhaitez changer.
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Le samedi 16 mai au matin, les jeunes ont la parole au centre pour échanger et pratiquer ensemble.
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Le week-end de la Pentecôte (23-25 mai), François nous propose de venir réfléchir et méditer sur la continuité de la conscience pour envisager la possibilité des réincarnations.
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En parallèle, du 23 au 29 mai Christian Fischer guide une semaine de pratique du gourou yoga de Kalachakra pour ceux qui ont reçu l'initiation.
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Le dimanche 24 mai, Vén. Gyaltsen et Martine animent une journée de compassion en action. Il s'agira de générer ensemble une motivation altruiste puis plusieurs actions seront proposées pour mettre en œuvre la compassion au quotidien, et nous échangerons sur la manière de nous y engager.
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Le samedi 30 mai, Anne Sophie enseigne sur la manière de pratiquer l'attention au quotidien.
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Le dimanche 31 mai, c'est Saka Dawa, le jour qui célèbre la naissance, l'éveil et le parinirvana du Bouddha, et nous proposons des pratiques au centre avec Guéshé Dakpa et Vén. Denyeu.
Rencontre avec Emma
"Le cycle "Découverte du bouddhisme", c'est très pratique. On applique et on voit ce qui marche"
Emma est étudiante de DB ("Découverte du bouddhisme") et bénévole au centre dans l'équipe finance. Propos recueillis par Arnaud.
Comment t'es tu retrouvée impliquée au centre?
J'ai découvert le bouddhisme par l’intermédiaire de mon compagnon. Il voulait démarrer DB il y a deux ans et il m'a proposé de me joindre. Je suis curieuse et je me suis dit qu’un samedi par mois, cela ne me coûte pas beaucoup. Au pire, j'arrêterais et je ferais autre chose pendant ce temps-là. En fait, ça m'a beaucoup parlé et beaucoup plu. J'aime bien l'idée qu'on y prend ce qu'on veut. Ce n'est pas dogmatique. C'est très pratique. On applique et on voit ce qui marche.
De fil en aiguille on a suivi quelques conférences sur zoom à côté. En particulier, on a participé à “Vacuité et coémergence” avec François. Son approche très moderne m'a beaucoup plu. On a vu qu'il guidait une retraite de Shamatha et on a décidé d’y participer. On s'est dit que c'était l'opportunité de faire une retraite d'une semaine avec quelqu'un qu'on connaissait.
C'est au centre de retraite que j'ai vu que le centre cherchait de l'aide pour la comptabilité. Je me suis dit que 2h par semaine c'est jouable. J'avais fait un peu de compta et j'étais contente d'aider, donc ça a été avec plaisir.
J'en ai parlé à Magali qui m'a rassuré sur les compétences attendues, puis j'ai rencontré Laurent, le trésorier du centre, et c'est comme ça que je me suis retrouvée dans l'équipe finance.
Et du coup tu fais quoi ?
Je vais aider Nathalia sur la comptabilité de Paris. Avec Martha qui va aussi aider de façon bénévole, on est en train de mettre en place une organisation sur les différents sujets à traiter. C'est en train de se mettre en place. Par exemple, le premier sujet est la comptabilisation des frais liés au dernier pèlerinage organisé par le centre.
Et en termes de programmes ?
Je suis encore “Découverte du Bouddhisme”. J'avais envie de commencer d'autres programmes mais on s'est dit avec mon conjoint que c'était mieux de se concentrer sur le programme en cours. DB est déjà un programme très vaste qui couvre beaucoup de choses. L'intérêt c'est que ça donne vraiment une vue d'ensemble. Plus j'avance dans le programme et plus il y a des liens qui se créent. Ce que j'apprécie, c'est que c'est très cohérent.
Je me rends compte en particulier que j'écoute beaucoup mais que la partie réflexion et méditation ne suit pas nécessairement. J'aimerais développer davantage la partie réflexion. La retraite de Shamatha m'a donné des bases pour mettre en place une pratique de méditation, ce que je n'avais pas avant.
Tu as commencé DB dès le début ?
Oui, dès le premier module sur l’esprit. C'est un peu hard de commencer comme ça mais je trouve que pour des occidentaux, ça pose les bases et c'est très concret.
Et comment ça se passe d'étudier en couple ?
Souvent après les enseignements, on échange sur ce qu'on a compris. On essaie de se soutenir. Quand on a une question, on en parle. Cela m'aide beaucoup qu'on soit deux. Cela aide à se motiver, à s'ancrer. Cela aide aussi d'avoir un retour d'expérience différent. On est un peu une petite sangha tous les deux [rires].
Comment tu vois la suite ?
Déjà, on va s'inscrire à la retraite cet été avec François. On se pose aussi la question de suivre une retraite de lamrim avec Vén. Gyaltsen mais il faut préparer les proches à ne pas être présents à toutes les fêtes de fin d'année.
Après “Découverte du Bouddhisme”, on voudrait continuer par un autre programme, probablement “Explorer le bouddhisme” pour approfondir. Et puis comme je l'ai dit, je voudrais davantage ancrer le bouddhisme et la méditation dans mon quotidien. Enfin, j'espère surtout que je vais aider le centre.
Un mot de la fin ?
Je voudrais remercier toute l'équipe, les personnes qui enseignent, les personnes qui organisent et qui gèrent pour que ce soit possible. C'est une chance incroyable de pouvoir participer et c'est un cadeau magnifique que Gauthier m'a fait de me permettre de m'inscrire. Je souhaite à tout le monde de rencontrer le centre. Merci d'être là pour le faire vivre !
Séquence rétro : dans les archives du centre Kalachakra
Chaque mois, nous ressortons du grenier une ou plusieurs photos qui nous rappellent de beaux moments.
C'est la fin de deux très belles retraites de ce début de printemps au centre de Saint Cosme : elles portaient sur "L'art de la guérison" et sur "La compassion universelle". Tashi Delek ! Om mani padme hum !
