Le regard de l’aumônier sur le temps du coronavirus

Le temps de la Covid-19 aura été pour tout le monde uIMG_4337 (4) (Copier).JPEGn temps de perte de repères, un chamboulement complet des habitudes et de tout ce qui semblait acquis de droit, dans tous les domaines, dans la maladie comme dans la mort.

Avant d’être aumônier j’ai été bénévole en soins palliatifs, et je me souviens d’une formation sur les rituels, au cours de laquelle une sociologue expliquait que « le rituel est ce qui met le mort à sa place », il fait du bien à ceux qui partent, selon leurs croyances ; il fait du bien dans tous les cas à ceux qui restent, car ils ont le sentiment du devoir accompli. Ils ont la certitude d’avoir fait le nécessaire pour accompagner l’être cher comme il faut jusqu’au bout.

Le temps du coronavirus a mis une barrière au « comme il faut », il l’a banni dans ces moments si particuliers, et cela a causé un traumatisme douloureux, quelle que soit la croyance. Aux infos, j’ai entendu un monsieur dire de sa femme morte : « elle est toute nue dans un sac en plastique quelque part dans un entrepôt à Rungis », et il pleurait. Cela a résonné en moi comme un cri de détresse absolue, il fallait faire quelque chose !

Car le temps du coronavirus a fait cela : il a arraché leurs morts aux vivants, il a fait fi des rites et des religions, il a mis le sac plastique à la place du linceul. Peut-être que, à force de claironner la laïcité, certains ont fini par penser que les religions et leurs rites ne sont pas essentiels, ni pour les vivants, ni pour les morts, et on a paré au plus pressé dans une optique uniquement sanitaire. Mais cela a été la cause d’une grande souffrance pour tous ceux qui n’ont pas pu prendre soin de leurs proches comme ils l’auraient souhaité.

Ainsi, tant de morts ne sont pas encore « à leur place » dans l’esprit des gens, car en plus de la souffrance due à la survenance rapide et inattendue de la mort, il y a l’absence du rite qui sacralise le passage vers le monde des morts. Tant de deuils restent encore à faire !

C’est pour aider tous ces gens, en réponse à leur souffrance que nous avons mis en place les sessions de prières pour les malades. On pourrait penser que cela est vain, mais la prière a sa propre force. Elle contient l’intention utile qui motive. Toute cette masse de souffrance due à la pandémie est née d’intentions négatives dans nos esprits. Ce que l’esprit a fait, il peut le défaire, alors mettons dans nos esprits toutes les bonnes intentions positives, et cela créera les causes pour guérir le monde. De cela je suis fermement convaincu.

Puis, des prises de conscience ont eu lieu au niveau des pouvoirs publics, et petit à petit les règles se sont assouplies, je dirais humanisées. Mais le traumatisme du début est toujours vif dans l’esprit de ceux qui y ont été confrontés.

Et l’aumônier dans tout cela ? Il a continué à répondre aux demandes, parfois simplement par téléphone quand l’hôpital ne permettait pas de visites. Certaines familles ont subi, résignées. D’autres plus têtues ont tenu à faire des obsèques même en nombre restreint.

Puis l’hôpital a retrouvé ses anciennes habitudes et les familles ont de nouveau pu faire appel à l’aumônier. Une fois à la Salpêtrière, j’ai été appelé pour un patient en état de mort imminente, et pendant que je disais les prières, on m’a prévenu qu’un autre patient était sur le départ dans le service. J’y suis allé dès que possible et j’ai trouvé une famille dévastée par la souffrance. Je me demandais ce que je pourrais bien faire de symboliquement fort pour tenter de les réconforter, alors j’ai pris un petit bouddha doré que j’ai toujours avec moi, je l’ai placé directement sur le front de la personne et j’ai ensuite fait le rituel de prières. Je n’oublierai jamais le regard ému de cette famille qui n’avait pas imaginé que je puisse venir aussi vite au moment du départ. Ils ont pris la photo du bouddha sur la tête du mourant. Je suis reparti comme j’étais venu, mon temps était passé, sans même savoir le nom. Quelquefois, l’aumônier c’est cela, un inconnu en robe rouge qui vient et qui fait « ce qu’il faut » pour passer la main à l’au-delà, juste cela.

Elio/Tenzin Deunyeu

Aumônier bouddhiste à l’APHP

Le billet de la directrice - mai 2021

Chers amis du Dharma,11

Cette lettre d’information vous arrive en une période difficile de reprise de la pandémie et des restrictions de déplacement.

En ce qui concerne les activités du centre parisien et de celui de Saint-Cosme-en-Vairais, nous maintenons celles des week-ends. Quant à celles prévues en semaine, elles sont limitées à zoom. L’absence de pratiquants en semaine nous permet de faire des travaux.

Une partie de la librairie parisienne a été transférée à Saint-Cosme, et l’espace libéré va devenir un petit salon de convivialité et de rencontres ouvert à tous. Le coin librairie proposera dorénavant les livres et les textes liés à nos pratiques et à nos programmes d'études. Nous sommes aussi sur le point d'aménager le parvis de la cour intérieure en y posant des pots de fleurs, afin de pouvoir profiter de cet espace typiquement parisien.

La forêt de Saint-Cosme-en-Vairais est en train de se transformer en un chemin déambulatoire de méditation longeant la faune et la flore. Des terrassements et des nivellements sont prévus et ils permettront d’embellir la parcelle nouvellement acquise. Par ailleurs, nous avons un projet de construction de trois chalets de méditation, afin que les apprentis bouddhas puissent pleinement se réaliser !

Un grand merci aux donateurs de deux magnifiques statues ! Celle de Padmasambhava trônera prochainement au milieu de la pièce d’eau, tandis que celle du Bouddha en position du passage en Parinirvana orne déjà notre salle de pratiques.

Pour les projets du centre de Saint-Cosme, nous avons besoin de bénévoles. N’hésitez pas à proposer vos services par mail :  

En espérant que nous puissions nous voir physiquement très bientôt… 

Excellent mois de mai à tous !

Elisabeth

L’importance de se connaître soi-même dans le cadre d’une relation amoureuse

Vous aimez Tina Turner ? Cela tombe bien, nous aussi. “What’s love got to do with it” est un des principaux “tubes” sorti en 1984 par celle qui a été surnommée “la Tigresse”. C’est aussi le titre de la conférence en ligne qu’a donné le 20 mars dernier Ösel Hita Torres, le tulkou de Lama Yéshé. Nous vous présentons quelques-uns des thèmes abordés.

 

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1. Comment choisir un partenaire amoureux ?

Selon Ösel, il est indispensable d’avoir d’abord une bonne relation… avec soi-même ! Avant de s’engager avec une autre personne, il faut connaître qui nous sommes. Cela permet notamment de savoir précisément ce que nous souhaitons et de ne pas idéaliser la personne rencontrée, ce qui peut être source de souffrance.

2. Quelles qualités doit avoir son/sa partenaire ?

Ösel préfère retourner la question : quelles sont nos propres qualités ? C’est ce qu’il faut développer d’abord, avant de chercher des qualités chez les autres. Si on fixe des conditions au caractère d’autrui, on risque de grosses déceptions. De plus, projeter des qualités sur notre partenaire est source d’attachement. Il est important d’accepter l’autre tel qu’il est.

3. En quoi une relation est-elle saine ou malsaine ?

La plupart du temps, selon Ösel, les relations sont malsaines et porteuses de conflits car elles sont biaisées dès le début. Bien entendu, les débuts peuvent être idylliques et très romantiques. Mais comme beaucoup de personnes ont négligé de travailler sur elles et attendent beaucoup de l’autre, les problèmes surviennent rapidement. 

Il est donc important de savoir qui l’on est, de ne pas jouer un rôle, de nous montrer pleinement sincère quand on rencontre quelqu’un. Par ailleurs, en cas de désaccord dans la relation, il est utile de ne pas décupler les défauts de l’autre et de ne pas ignorer ses qualités.

4. Comment gérer l’ego dans une relation amoureuse ?

Ösel indique que l’ego est double : il y a un ego constructif et un ego destructif. Pour être plus heureux, il est important de se détacher de l’ego qui favorise les croyances erronées, et de se tourner vers des valeurs de partage et de service aux autres. Il n'est cependant pas simple de savoir discriminer entre ce qui est et ce qui n’est pas le langage de l’ego.

 5. Comment gérer la colère et les émotions négatives ?

Ösel indique qu’il n’est pas la personne la plus appropriée pour répondre à cette question car il lui arrive de rencontrer ce type de problématique et d’avoir du mal à se contrôler. Néanmoins, il insiste sur l’importance de nous connaître, et en particulier sur ce qu’il y a de nuisible en nous-même. Sachons comprendre et travailler sur nos manquements et nos difficultés. Quand on perd patience, on invite l’autre à faire de même. C’est déjà un premier pas de prendre conscience de cela. Alors gardons notre calme ! Et lâchons prise !

6. Comment communiquer à l’autre ses besoins ?

Pour bien communiquer, il faut d’abord savoir écouter, nous indique Ösel. Apprenons à écouter et à ne pas juger l’autre. Faisons preuve de patience et d’empathie. Ainsi, nous ferons un excellent communiquant !

7. Comment gérer la trahison ?

Ösel dit avoir beaucoup souffert de plusieurs trahisons de la part de plusieurs de ses anciennes partenaires. Dès le début d’une relation, il est important de se mettre d’accord sur des principes, des règles. Que les couples soient “libres”ou pas, cela n’a pas d’importance. L’importance porte sur les limites fixées par les partenaires, sur ce qu’il est acceptable de faire ou non. Si un mensonge s’installe dans un couple, c’est selon Ösel le début de la fin de la relation.

Ösel indique aujourd’hui être séparé, et qu’il est heureux dans son foyer à trois, avec son fils qu’il voit à mi-temps, ainsi que son chien.

8. Après une rupture, comment gérer un ressentiment ?

Parfois, des couples tiennent uniquement parce que c’est plus pratique de cette manière. C’est une erreur, selon Ösel. Il faut oser mettre fin à des relations malsaines, même quand il y a des enfants en jeu. Ösel indique que son enfant est beaucoup plus équilibré depuis qu’il est gardé alternativement par lui ou par son ex-femme. 

Détail très important selon Ösel, une relation amoureuse doit au départ être basée sur une amitié sincère. Ainsi, une éventuelle rupture peut se passer en douceur. Ösel indique d’ailleurs qu’il a gardé des amitiés avec toutes ses anciennes amoureuses !

En cas de souffrance à l’issue d’une relation, il est important de développer de la compassion vis-à-vis de l’autre, et d’essayer de se mettre à sa place. Il est parfois nécessaire de ne pas chercher à tout comprendre et de lâcher prise.

9. Comment être parents dans notre monde moderne ?

D’abord, selon Ösel, de bonnes relations entre les deux parents sont primordiales et elles doivent privilégier le respect. Il faut éviter les cris et les disputes devant un enfant. Ösel indique avoir manqué d’affection et grandi principalement seul, ballotté entre plusieurs tuteurs. Il donne beaucoup d’amour à son petit garçon. Il essaie d’écouter la sagesse de son fils tout en lui fixant des limites quand c’est nécessaire. 

Pour conclure, Ösel a précisé que dans la vie, il est primordial de nous ouvrir sur le monde et de développer des valeurs d’amour et de partage.

Les réjouissances des semaines à venir

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Pour les semaines à venir, nous continuons notre série d’enseignements pour expliquer les différentes pratiques que nous faisons régulièrement au centre, et vous donner l’occasion de les pratiquer en profondeur (aucune de ces pratiques ne requiert d’initiation). Pour chaque événement, un lien vous permet d’obtenir plus d’informations et le cas échéant vous inscrire sur zoom si vous ne participez pas sur place. 

Parmi les autres événements à ne pas manquer, notez aussi :

Envoyez-moi un mail si vous comptez assister à un de ces événements ou si vous avez des questions :