Notre programme du 15 mai au 21 juin 2021

 

Programme mai 2021 juin 2021 KI

Covid-19 : des nouvelles de Lama Zopa et du monastère de Kopan 

Au Népal, les autorités sont confrontées à une puissante deuxième vague de l'épidémie qui s'explique tant par sa proximité avec l'Inde que par le relâchement de sa population. Le taux de positivité des tests est de 44%,photo Kopan et l'on recense vingt nouveaux cas par jour pour 100.000 habitants.

Au monastère de Kopan, berceau de la FPMT, plus de 170 moines ou moniales ont été testés positifs au COVID-19, dont quatre moines sont hospitalisés à Katmandou.

L'un d'entre-eux est Géshé Thubten Sherab, un célèbre enseignant. Il a été transporté à l'hôpital à titre préventif. Quant à Lama Zopa Rinpoché, il reste en isolement mais est en bonne santé. Il continue à animer des rituels d'offrandes d'encens et des pujas.

La communauté de Kopan s'est engagée à fournir tous les efforts possibles afin d'assurer la sécurité sanitaire de chacun.

Nous vous invitons à garder dans vos prières tous les membres du monastère de Kopan et de la nonnerie Khachoe Ghakyil, ainsi que tous les êtres touchés par la pandémie.

Au revoir, Jean-Jacques...

 

pers6Nous avons le regret de vous informer que Jean-Jacques nous a quittés dans la nuit du mardi 4 mai, des suites d’une longue maladie. Il avait rejoint le Centre Kalachakra en 2004, et était rapidement devenu un membre très actif, nous offrant sa longue expérience en entreprise. Après avoir brillamment achevé le premier cycle de Péba organisé au Centre, il a pu développer des qualités d'enseignant du Dharma. Plus tard, il s’est intéressé à la pratique de vipassana ; quand le centre de retraite a ouvert, il y a organisé des retraites sur ce thème, qui ont rencontré un grand succès. 

Vénérable Élisabeth

 

Voici quelques témoignages d’hommage à son attention :

"'Je vis comme si je devais mourir demain et décide comme si j’étais éternel'. C’est mon cher Jean Jacques, ce que tu as dit un jour, au cours de notre vie professionnelle. Tu as fait partie de ma vie pendant au moins... 35 ans. Alors oui, c’est une éternité."

"Merci à toi pour l’œil de grand frère que tu as posé sur moi dans mes moments de difficulté."

"Merci à toi, pour tes conseils judicieux."

"Merci à toi, pour tes réponses à mes questions existentialistes."

"Merci à toi, de m’avoir accompagné dans ma recherche de la spiritualité."

"T’avoir rencontré a été une grande chance pour moi."

"Ta clairvoyance, ta sagacité et ta sagesse ont accompagné mon chemin et enrichi mes connaissances."

"Avec toute ma profonde amitié (Nicole)"

"Jean-Jacques était le type de personnes qui ouvrent des portes et nous permettent de se rendre compte du potentiel que nous avons, de croire en nous et de développer celui-ci. Il m'a permis de comprendre qu'il était possible de cultiver les qualités de l'esprit, que ce soit la présence à soi et aux autres, la sagesse ou la concentration. Il m'a permis de transformer totalement mes références. Au départ athée, j'ai pu découvrir le bouddhisme et m'investir dans l'étude sous ses conseils, dans le cadre de Découverte du Bouddhisme, puis du programme de bouddhisme avancé. Enseignant rempli de compassion, il savait nous expliquer avec clarté le lam-rim. Il m'a aussi accompagné lors d'une retraite de lam-rim, à pratiquer la méditation analytique en ouverture pour mieux intégrer l'enseignement. Je me souviens également d'un moment difficile dans une retraite vipassana, où pour la première fois j'ai rencontré quelqu'un avec un regard si rempli d'amour que c'était difficile à soutenir. Ce genre d'instant imprègne fortement notre foi dans l'existence de ce type d'amour et de compassion. Son humour permettait aussi de remettre à leur juste place et en quelques mots nos perturbations et notre ego qui enflait. Jean-Jacques est pour moi un modèle à suivre dans le souhait constant de vouloir transmettre : jusqu'à une à deux semaines avant son décès lors de mes dernières rencontres, il continuait à enseigner, en mettant toute son énergie malgré les difficultés posées par son corps. Je pense au leg qu'il nous a fait de la pratique de vipassana pour pouvoir accueillir nos perturbations et notre « je », et voir leur nature et bien sûr au mahamoudra qui nous permet par la pratique de comprendre notre potentiel de développer l'amour et de cultiver la sagesse. J'ai envie de conclure ces quelques mots face à un enseignement si vaste et si profond, par la certitude que la manière de lui rendre hommage est de poursuivre dans la voie qu'il nous a ouverte et de l'approfondir, ensemble. (Anne Sophie)"

 

"Cher Jean Jacques. Je ne me fais pas de souci pour toi. Bien que tu aies quitté notre monde, tu traces ton chemin... un chemin de lumière. Finalement, je crois que tu nous accompagnes encore et pour un long moment. Quel meilleur hommage pour moi qui ai tant bénéficié de tes enseignements que de reprendre quelques phrases par les milliers que tu as écrites pour nous aider dans notre cheminement !
Voici une page de ton livre qui s'appelle "S'arrêter et identifier l'état d'esprit " : ' Où que vous soyez, quoi que vous fassiez, portez votre attention là où vous en êtes au niveau mental et physique, faites le calmement, doucement, toujours sur les bases d'absences de considérations intellectuelles, de sensations plaisantes ou déplaisantes, d'intentions égotiques. Il n'y a pas à réagir par rapport à ce qui vous traverse, pas plus que cela n'aurait de sens de vouloir agir sur le changement de temps, la météo.' Merci, merci pour tous tes enseignements et de ton immense bonté pour les êtres. (Marie Christine) "

 

"Très cher Jean-Jacques, tu es parti depuis quelques jours déjà. Je me souviens de ce premier week-end de retraite vipassana au centre Kalachakra, quand St-Cosme n'existait pas encore. Ton attention, ta générosité et tes compétences si extraordinaires vont rester dans mon coeur, profondément mêlées à ma pratique. De là où tu es, tu auras toujours ce regard bienveillant et aimant. Que ta lumière veille sur nous qui avons la chance de pratiquer encore et encore. Bien à toi. (Anne J.) "

Rencontre avec Michelle

Michelle est une étudiante de longue date de la FPMT. Elle guide la méditation du lundi matin et va mener une retraite cet été à Saint-Cosme.

- Raconte-nous un peu ton histoire !

- Je suis arrivée en novembre 1978 au monastère de Kopan au Népal (où la FPMT a commencé) en provenance du Japon, c’était un choc des cultures ! C’est là que j’ai rencontré Élisabeth qui traduisait les puissance 3enseignements pour le groupe de français. J’ai vécu 5 ans et demi entre l’Inde et le Népal, ne rentrant en France qu’un court temps en 1980 pour travailler. J’ai suivi tous les enseignements possibles, pris toutes les initiations, fait toutes les retraites (rires). C’était une période charnière car plusieurs des grands maîtres de l’époque ont quitté leur corps dans les années 80.

Aussitôt après le cours de Kopan, j’ai suivi les 3 mois de retraite de Dorjé Sempa à Tushita, Dharamsala et les 100.000 prosternations à Bodhgaya. En 1984, suite à la mort de Lama Yéshé, j’ai fait pendant plusieurs mois à Kopan la pratique de Dordjé Sempa qui s’est déroulée un an durant, 24 heures sur 24, au Népal, aux États-Unis et en Espagne.

Après trois mois à Lawudo, je suis rentrée en France en février 1985 avec des dettes et de gros problèmes de santé, au moment même où naissait Ösel qu’on reconnaîtra plus tard comme la réincarnation de Lama Yéshé.

J’avais demandé fin 1984 à Lama Zopa Rinpoché des conseils pour mon retour, car j’avais deux amis, alors directeurs de Vajra Yogini, qui me poussaient à les rejoindre. Pragmatique, il m’avait répondu « mais il faut que tu travailles, non ? » Par ailleurs, il m’avait conseillé d’étudier. J’ai donc vécu à Nantes, un peu à l’écart des centres FPMT. 

En plus de mon job avec des ados, psychotiques surtout, j’ai accompagné les malades du sida, c’était une période où ils tombaient comme des mouches. Puis j’accompagnai ma mère pendant toute sa fin de vie.

À mon retour et pendant quasiment 40 ans, j’ai participé aux traductions du Dharma en français en lien avec les éditions Vajra Yogini. À l’époque, tout était en anglais et il y avait une urgence à traduire Sa Sainteté, Lama Yéshé, Lama Zopa Rinpoché… J’ai aussi consacré dix ans de ma vie à promouvoir le Projet Maitréya et à organiser la Tournée des Reliques en France, sur les bons conseils d’Élisabeth.

Je suis toujours venue à Kalachakra quand il y avait des grands lamas, en particulier bien sûr pour Sa Sainteté, Lama Zopa, Tcheudèn Rinpoché... 

Je venais juste de prendre ma retraite quand le premier PEBA a commencé à Paris. C’était un grand cadeau, et l’occasion de créer des liens avec les parisiens. Le samedi soir, je dormais dans la gompa au pied des Bouddhas avec Détchèn, c’était très agréable ! (rires)

- Tu es impliquée dans quoi au centre ?

- Pendant une retraite avec Rinpoché au centre Lama Tsongkhapa (Italie) il y a 4 ou 5 ans, un après-midi, d’anciens étudiants de la FPMT ont raconté leurs souvenirs des jours heureux avec Lama Yéshé, et j’ai mesuré qu’on n’était plus beaucoup à avoir vécu ça. Je me suis dit que c’était dommage de mourir sans avoir un peu partagé, témoigné de tout ce que j’avais reçu. J’ai parlé à Vénérable Élisabeth de ce désir de faire passer quelque chose en dirigeant des retraites. C’était aussi une façon de remercier Kalachakra pour tout ce que j’avais reçu. Ayant été certifiée du PEBA, j’ai fait la démarche pour être acceptée comme enseignante. 

C’est le confinement et zoom qui m’ont permis de guider les méditations du matin et j’en suis très heureuse et reconnaissante. Du coup, une fois par semaine, je guide la petite demi-heure du lundi. L’idée s’est imposée à moi qu’elle tournerait autour du Lamrim. J’y pense toute la semaine, mais sans prendre de notes car le sujet m’habite. C’est exigeant, stimulant et nourrissant. Le jour même, c’est comme si je tirais un fil, je suis souvent surprise de ce qui surgit. C’est un format très court, parfait pour lancer la journée. Vu la lourdeur de la situation actuelle, j’ai adopté un parti pris positif en mettant surtout l’accent sur la précieuse existence humaine, notre potentiel, nos ressources, tous les possibles, la lumière, la joie, l’amour, l’ouverture du cœur… Je m’appuie sur ce qui marche pour moi.

Si tout va bien, j’animerai en juillet une retraite sur les pratiques préparatoires. C’est Vén. Elisabeth qui me l’a suggéré. L’idée est de donner les bases d’une pratique bouddhiste quotidienne dans le beau cadre de Saint-Cosme, de proposer une expérience. C’est à la fois une initiation pour des personnes nouvelles qui veulent découvrir ces pratiques et l’occasion pour les plus expérimentés de pratiquer ensemble pendant quelques jours. 

Lama Yéshé disait qu’au départ, on a besoin de pratiques purificatrices pour éliminer les obstacles les plus grossiers, sinon on se décourage à la première difficulté et on abandonne. C’est pour ça qu’on fait les prosternations ou Dordjé Sempa, pour aplanir un peu le terrain ! Mais pour nous occidentaux, qui sommes pleins de culpabilité judéo-chrétienne, il faut faire attention de ne pas trop réveiller le « pécheur » quand on parle de purification. La haine de soi, le sentiment de non-valeur ne sont jamais une aide sur le chemin. Il me semble donc important de restaurer en parallèle l’image de soi. Les pratiques d’offrande d’eau, par exemple, ouvrent le cœur et dégagent une énergie de joie essentielle. On peut s’appuyer sur cela pour regarder ensuite ce qui ne va pas, ça doit marcher de concert. 

Par ailleurs, faire des tsatsas (figurines de plâtre) nous permet d’être inspirés par les images de Bouddha, et je crois que cela nous replonge aussi en enfance. C’est étonnant à quel point c’est apaisant.

- Quels sont tes projets pour l’avenir ?

- À ce stade de ma vie, j’ai très envie de témoigner, de partager ce que j’ai reçu et un peu intégré (même si ce n’est pas beaucoup par rapport à des tas de gens). Je suis disponible, prête pour ce qui se présentera. Et puis, j’espère continuer d’approfondir ma pratique pour être prête le jour J, héhé !