Zoom sur la retraite des 16 caractéristiques des Quatre Nobles Vérités

En essence, les quatre nobles vérités disent que nous désirons tous naturellement le bonheur et ne souhaitons pas souffrir... Si nous voulons poursuivre notre aspiration à nous libérer de la souffrance, nous devons comprendre clairement les causes et les conditions qui donnent lieu à la souffrance et nous efforcer de les éliminer. De plus, nous devons également comprendre clairement les causes et les conditions qui donnent lieu au bonheur et les pratiquer activement. Après avoir établi le cadre de la libération dans les quatre nobles vérités, le Bouddha a détaillé les [...] étapes du chemin vers l'illumination [...,] comment les principes des quatre nobles vérités sont utilisés pour atteindre le bonheur [...,] comment les principes des quatre nobles vérités doivent être appliqués dans la vie spirituelle quotidienne de chacun.

Le Dalaï-Lama - Essence of the Heart Sutra

---oLIVIER ROSSI

Au cours de cette retraite qui aura lieu du 2 au 11 juillet au Centre de Saint-Cosme et qui sera animée par Vénérable Olivier, nous nous plongerons dans l'étude et la contemplation des Quatre Nobles Vérités, pilier des enseignements du Bouddha, à l'aide de deux textes. La Présentation des Quatre Nobles Vérités de Gungtang Rinpoché, éminent érudit Gelugpa, nous servira de support pour notre étude systématique des seize aspects. La Roue de Méditation Analytique de Mipham Rinpoché, éminent érudit et contemplatif Nyingmapa, sera utilisée pour la méditation visant à sonder la nature des cinq agrégats et porter à l'esprit l'essence de la signification révélée par l'étude du premier texte.

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Tous les problèmes de l’existence / Sont créés par les afflictions au sein de notre esprit

L'attention mentale inappropriée est la cause des afflictions, / Toutefois le schéma de notre pensée peut être affiné.

Mipham - La Roue de la Méditation Analytique

Gros plan sur un petit garde-manger gratuit créé par le Centre Kadampa en Caroline du Nord 

Le Centre Kadampa pour la Pratique du Bouddhisme Tibétain, un centre FPMT à Raleigh en Caroline du Nord (États-Unis), a créé un petit garde-manger comprenant de la nourriture et d’autres objets, accessible gratuitement aux personnes dans le besoin. Le “service à la communauté” est un des cinq fondements du service édictés par la FPMT. Sandy Carlson, bénévole et présidente du Conseil d’Administration du Centre Kadampa, nous présente comment a émergé le projet.

unnamed 6“Donnez ce que vous pouvez, prenez ce dont vous avez besoin” : ceci est le mantra du petit garde-manger gratuit. Placée entre deux arbres touffus à feuilles persistantes, cette boîte rouge vif invite chacun à l’ouvrir et à y prendre ce dont il a besoin, qu’il s’agisse de nourriture, d’articles d'hygiène ou de papeterie. Il s’agit d’une initiative à échelle locale. Elle développe l’idée de l’entraide dans chacune des villes du monde entier, et fait suite à l’essor des bibliothèques gratuites de rue dans lesquelles les gens offrent les livres dont ils n’ont plus besoin.  Le garde-manger offre à tout instant, sans poser de questions et à n’importe qui des produits permettant de pourvoir à ses besoins essentiels.

La pandémie actuelle et les problèmes économiques qui en découlent ont inspiré les membres du Centre Kadampa à créer ce service. Rempli de boîtes, de bocaux et de pots, le garde-manger permet non seulement d’aider le voisinage mais aussi de permettre à nos membres de pratiquer l’amour bienveillant, la compassion et la générosité. Au bout de seulement quelques mois, nous avons constaté qu’il répondait à un besoin réel.

Le garde-manger a pu naître à l’issue d’une réflexion comprenant le meilleur emplacement (prise en compte de la discrétion, de la visibilité et de l’exposition aux conditions climatiques), la fourniture du meuble et son adaptation (il s’agit d’un meuble de cuisine trouvé d’occasion chez “Un Habitat pour l’Humanité”), la peinture et l’installation.

Un de nos instructeurs résidents, Guéshé Palden Sangpo, a béni le garde-manger et a commencé à y peindre des mantras. Il a aussi offert les premiers aliments mis à disposition du public.

Nous sommes reconnaissants vis-à-vis de toutes les personnes qui ont contribué à concrétiser ce projet : Elise et David Strevel, Diane Meyer, Paul Krebbs, Joey Gooch et Sandy Carlson. Nous envoyons aussi beaucoup d’amour et de reconnaissance à tous ceux qui remplissent le garde-manger de produits destinés à ceux qui en ont besoin. Il s’agit véritablement de la compassion en action.

Sandy Carlson

(trad : Franck)

La retraite de pleine conscience, par Justine

« Attachons-nous à reconnaître le caractère si précieux de chaque journée. » Le XIVème Dalaï-lama

image0000001" Cela faisait plus d’un an que je n’étais pas venue au centre de retraite. La première fois, c’était pour écouter les enseignements de Vénérable Robina et j’en garde une profonde émotion. Je me rappelle des larmes dans le train du retour, des larmes de joie et de gratitude. J’avais médité la compassion auprès d’elle avec une telle puissance, une telle évidence et une telle clarté que mon esprit était devenu un instant si vaste, si libre, reposant sans voile, sans peur, sans à priori sur la beauté de toute vie humaine. Infinie gratitude...

Je revenais donc pour la deuxième fois dans ce centre de retraite en pleine campagne sarthoise le cœur battant. Libérée de mes responsabilités habituelles du week-end j’avais fait de la place dans mon esprit pour accueillir cette retraite de méditation en pleine conscience avec Virgine. J’avais d’ailleurs préparé un tout petit sac de voyage avec l’essentiel ; chaque chose que j’emportais était réfléchie, pas une paire de chaussettes en plus ni un chandail en trop ! Ce qui en soi était déjà une bonne introduction à la pleine conscience, et en ce qui me concerne un exercice aventureux. Je n’ai certes pas résisté à mon flacon de parfum ni à ma trousse de maquillage, bien que je sois parvenue tout de même à en retirer la moitié, mais pleinement consciente de mon attachement encore évident aux fards de ce monde, je m’autorisais cette coquetterie...  

Je partais donc pour la Gare Montparnasse avec mon petit sac sur le dos et un arbuste entre les bras. Je l’avais choisi quelques jours plus tôt dans une jardinerie, afin de contribuer aux plantations en cours dans ce beau jardin-forêt qui entoure le Centre de Retraite et récemment baptisé le Mandala vert. Sur les conseils de Marie-Christine qui s’occupe activement et principalement avec François des jardins, je l’ai finalement planté le long du champ côté cuisine, en espérant que cet été de belles groseilles blanches viendront aciduler les salades et desserts concoctés par la chef Ana. 

En arrivant, j’ai eu la joie et l’émotion de voir la stupa terminée, magnifique, éblouissante sous le soleil qui nous accueillait. L’étang miroitait toute la verdure foisonnante du printemps, je croisais et saluais avec joie Elio qui offrait pendant ces quelques jours une retraite de Vajrasattva pour un autre groupe de méditants. Qu’il était bon d’être là, dans la maison de tous.

Nos enseignements de pleine conscience ont eu lieu dans la grande salle en face du bâtiment principal et de la gompa, où l’on trouve aussi à présent la librairie et la bibliothèque, un endroit vraiment chaleureux, moderne et confortable.

Après l’installation de chacun dans les chambres et les consignes de karma-yoga, des règles sanitaires et de savoir-vivre ensemble données par super-Magali, la nouvelle responsable du centre de retraite auprès de Christine, nous avons commencé un premier enseignement le soir même. 

La retraite de pleine conscience que nous propose Virginie est basée sur la méthode MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), la Réduction du Stress Basée sur la Pleine conscience, qui est un programme 20210522 133416inventé par le biologiste et médecin John Kabat-Zinn en 1979 au sein de la faculté de médecine de l'Université du Massachussetts. Il y a fondé la Clinique de réduction du stress, avec des programmes préventifs et éducatifs qui s'inscrivent dans le courant de la médecine intégrative, et combine des enseignements laïcs de pleine conscience et de hatha yoga. John Kabat-Zinn deviendra d’ailleurs au sein de cette faculté de médecine un membre du conseil d'administration du fameux Mind and Life Institute. C’est un groupe qui organise des dialogues entre des représentants bouddhistes et réunis autour de Sa Sainteté Le Dalaï-Lama et de scientifiques occidentaux pour investiguer et promouvoir une compréhension plus approfondie des différentes façons de connaître et de sonder la nature de l'esprit, les émotions et la réalité.

Ces enseignements laïcs de pleine conscience prennent leur source dans une méditation bien plus ancienne, connue sous le nom de méditation Vipassana et signifiant « vue pénétrante » ou « vision profonde ». Elle fut enseignée par le Bouddha pour exercer la vigilance ou la pleine conscience sur tous les actes, de notre respiration à la marche, aux sensations, aux émotions ou aux pensées. Sa pratique n’est pas pour autant réservée aux bouddhistes. Elle a une portée universelle et est destinée à percevoir le fonctionnement de notre esprit et à reconnaître les phénomènes tels qu’ils sont au moment où ils se présentent. 

Notre enseignante Virginie, dont je suis déjà avec assiduité de nombreux programmes au Centre,  comme une récente journée consacrée aux émotions, est une femme brillante et passionnante, pleine de sagesse et d’expérience. Psychologue de métier et engagée dans l’action sociale, elle diffuse principalement des enseignements laïcs au sein du Centre Kalachakra. Ils trouvent toujours et tout naturellement un lien, une résonance évidente avec la philosophie et les enseignements du bouddha. 

Étant moi-même hypnothérapeute et engagée dans la relation d’aide, je cherche toujours à découvrir, améliorer, expérimenter des pratiques pouvant aider les autres et moi-même à trouver le confort et le bien-être nécessaire au corps et à l’esprit, afin de vivre pleinement notre potentiel en renforçant nos ressources. C’est cette recherche permanente et passionnante qui m’a naturellement conduit à suivre les enseignements de Virginie basés sur la MBSR. 

Nous étions un petit groupe de dix, d’une “hétéroclité” particulièrement harmonieuse, si je puis m’exprimer ainsi ! Tous tellement différents de par nos histoires, nos croyances, nos attentes, et pourtant si semblables dans notre humanité, notre sensibilité et notre compassion naturelle... Un fort sentiment de fraternité, d’unité et de joie nous a d’ailleurs très vite empli le cœur. Nous n’étions qu’un pendant ces quelques jours, échangeant, s’apportant, expérimentant, s’aidant les uns les autres, pleinement à l’écoute et attentifs aux difficultés de chacun. Nous avons déployé une extraordinaire énergie d’amour et de bienveillance les uns pour les autres. La retraite s’est articulée autour de définitions et de partages autour de ce qu’est la pleine conscience et comment nous l’expérimentons ou nous pourrions l’expérimenter au quotidien. Il y a eu des moments de silence et de méditations en pleine conscience, des marches méditatives et des pratiques de Hatha yoga, des groupes de discussions et d’échanges en binôme ou à plusieurs, qui nous ont permis d’explorer et d’expérimenter pleinement et de façon directe et si ludique les 7 attitudes. Je les partage ici, comme une pratique essentielle à chaque instant de notre vie : le non-jugement, la patience, l’acceptation, l’esprit du débutant, le lâcher-prise, l’effort, la confiance. 

Tout est là, servez-vous 🙏

Avec Amour"

Justine 

Paroles de Maîtres, Lama Zopa : "Moins d’animaux seraient tués si davantage d’humains s’abstenaient de manger de la viande"

Dans ces enseignements, Lama Zopa Rinpoché suggère aux étudiants d’arrêter de manger de la viande et de devenir végétariens. Rinpoché évoque aussi la libération des animaux et d’autres moyens de leur être bénéfiques. Il explique la connexion karmique que nous avons avec les animaux de par nos précédentes vies. Ces extraits d’enseignements ont été donnés les 24 et 27 août 2013 à Oulan-Bator en Mongolie, à l’occasion de la retraite des 100 millions de Mani. Ils ont été légèrement édités par Vén. Joan Nicell et traduits par Franck. Photo (Lama Zopa bénit une chèvre secourue en février 2016 à Maratika au Népal) : Holly Ansett.

Lama Zopa Rinpoche blesses a rescued goat, Maratika, Nepal, February 2016. Photo: Holly Ansett.

"Je souhaiterais vous communiquer quelque chose. Quand j’ai été hospitalisé et amené à l’hôpital après avoir eu une attaque, il m’est arrivé de regarder la télévision. Ils y parlaient alors d’une société australienne qui vendait à l’Indonésie de nombreux moutons et de nombreuses chèvres. Je pensais : “Cela, je ne peux pas le stopper. Je n’en ai pas les moyens”. Mais j’envisageais de communiquer à propos de la nourriture végétarienne et de l’abandon de la viande lors de mes futurs voyages à travers le monde, et même lors d’enseignements sur le tantra.

Pas besoin de débattre de ce fait : si le nombre de personnes mangeant de la viande se réduit, moins d’animaux sont tués. Il y a moins de souffrance pour les animaux et moins de souffrance à venir pour les êtres humains du fait du karma négatif. Comme il y a moins de karma négatif, il y a moins de souffrance, à la fois pour les humains et pour les animaux.

Les animaux veulent le bonheur, ils veulent ne pas souffrir, tout comme vous, mais comme ils ne peuvent pas parler, ils ne peuvent pas l’exprimer. Les humains peuvent communiquer dans les journaux ou à la télévision, mais pas les animaux. Je souhaite donc vous communiquer ma pensée au nom du bonheur pour les animaux, au nom du bonheur pour les humains et au nom du bonheur pour le monde entier. OK ? Je vous dis cela tout comme je répète à quel point il est important de prendre soin des êtres sensibles, de ne pas les blesser et de leur être bénéfiques. Merci beaucoup.

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De mon côté, je suis végétarien depuis un grand nombre d’années, et je l’étais même au Tibet, ce qui posait parfois des problèmes. Parfois, des maîtres [m’encourageaient à manger de la viande] pour ma santé, mais je décidais de ne pas le faire, et c’était difficile à expliquer. Dans un haut tantra, le Mantra Secret du Vajrayana, l’offrande de tsog contient bala et madana, ce qui signifie viande et alcool, mais les termes de viande et d’alcool n’y figurent pas, car les offrandes ne sont pas consommées en tant que viande et alcool. Nous autres être ordinaires n’avons pas la réalisation des six yogas de Naropa ou celle de la claire lumière et du corps illusoire. Nous n’avons pas de réalisations tantriques. [Ce qui concerne bala et madana] est expliqué dans les tantras racines et dans le commentaire de Vajrayogini. J’y ai lu que vous devez avoir ces substances, vous ne pouvez pas utiliser du jus de fruit ou du fromage à la place. Dans le passé, certains moines utilisaient ces ingrédients mais ce n’est pas correct. Il est bien expliqué dans les versets des tantras racines que bala et madana sont nécessaires. Bala, la viande, est utilisé pour harponner la réalisation du corps illusoire, et madana est utilisé pour harponner la réalisation de la claire lumière, tout cela pour achever le dharmakaya et le rupakaya, l’esprit sacré et le corps sacré du bouddha.

En réalisant la claire lumière, nous réalisons le dharmakaya, et en réalisant le corps illusoire, nous réalisons le rupakaya. Pour réaliser la claire lumière et le corps illusoire, nous utilisons donc de la viande et de l’alcool, ce qui harponne/fixe nos réalisations. Il y a une citation qui dit que si vous n’avez pas la réalisation, vous devriez pourtant visualiser [les substances] en méditation quand vous méditez sur la félicité et la vacuité. Pensez à cela, essayez de faire cette pratique. Afin de ne pas utiliser les noms et de ne pas les consommer en tant que viande et alcool, nous utilisons les termes de bala et madana

C’est une idée folle de penser que les gens arrêteront de manger de la viande. Il y a de la viande partout. Certes, pour le tsog, vous en avez besoin, mais très peu suffit. Vous n’avez pas besoin de consommer une grosse pièce de viande ou de nombreuses bouteilles [d’alcool]. Certaines personnes le font, mais je crois que ce n’est pas ce qui est écrit. Si on fait un tsog et que l’on boit des bouteilles d’alcool pour finir par se battre et manifester de mauvais comportements, ce n’est pas correct. Dans le tsog, l’idée est de recevoir la bénédiction. Obtenez la bénédiction en essayant d’imiter, de visualiser. C’est parfait pour préparer votre esprit à obtenir l’illumination. Je vais m’arrêter ici.

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Depuis mon attaque, beaucoup de personnes ont libéré des animaux. De nombreux moutons et de nombreuses chèvres ont été libérés. Je crois qu’à Singapour, cent millions d’animaux ont été libérés. Il y a quelques années, une première série de cent millions d’animaux libérés a été finalisée, et je crois qu’une seconde série de cent millions d’animaux est en train de se conclure actuellement. Non seulement les animaux ont été sauvés, mais les poissons ont été placés dans des camions qui ont circumambulé à plusieurs reprises autour du Centre. De petits animaux ont été relâchés dans le Centre et ont pu évoluer autour de stupas et de textes sacrés. Cela favorise l’illumination des animaux, tout comme celle des humains, des enfants. Ensuite, de l’eau est bénite par la récitation de mantras et on lave les animaux ou on les asperge d’eau. Pour les coquillages vivants, on verse de l’eau dessus. Ceci est la seconde étape. Pour la troisième, on chante des mantras afin qu’une graine d’illumination puisse germer chez les animaux qui peuvent les entendre.

Soyez bénéfique aux animaux autant que possible, et pas seulement en les sauvant des dangers mortels. Essayez différentes manières de leur être bénéfiques. Le Bouddha a indiqué que le pouvoir des mantras était incroyablement, incroyablement, incroyablement bénéfique, alors tentez de les utiliser. À Singapour, notre Centre Bouddhiste Amitabha a libéré le plus grand nombre d’animaux au monde. Je crois qu’il s’agit d’une des meilleures choses à faire, cela favorise la longue vie des animaux et des autres êtres. Bien entendu, des pujas et d’autres pratiques favorisent également la longue vie des êtres humains."