Rencontre avec Isabelle

 

Isabelle Gonon est étudiante de Découverte du Bouddhisme et elle reprend la présidence de l’association “Horizons Sagesse”.

Comment t’es-tu retrouvée impliquée au centre ?

Photo IsabelleIl s’est passé dans ma vie un drame familial qui a totalement changé ma façon de voir. Auparavant, je n’avais aucune pratique spirituelle. J’étais plutôt dans le « ni dieu ni maître », comme le chantait Léo Ferré dans les années 60. J’avais l’impression que je m’en sortirais toujours. J’ai eu quatre enfants que j’élevais en partie seule, à côté d’un boulot d’enseignante très prenant. J’étais très occupée et je n’avais pas trop le temps pour réfléchir. Ce n’était pas facile mais on me disait que j’étais forte. Je me rends compte maintenant que je manquais surtout de compassion pour moi et pour les autres. Ce drame que ma famille a traversé en 2017 a effondré toutes mes certitudes. Ça m’a amené à me questionner sur la mort et la conscience. J’ai eu l’intuition que j’étais passé à côté de quelque chose. C’était comme si il y avait une connaissance à portée de main qui m’avait échappé. 

À cette période, j’ai commencé à méditer avec un livre qu’un de mes enfants m’avait offert. Chacun était alors à la recherche de quelque chose pour reprendre pied. Ce livre, qu’on appelle en famille le petit livre bleu, s’intitule « Méditer au quotidien » par Bante Henepola Gunaratana, un moine bouddhiste de la Forêt. Depuis fin 2017, je médite au quotidien. C’est mon premier maître (rires) ! Je me suis aussi tournée vers le yoga. Auparavant, tout cela m’était complètement étranger. C’est mon prof de yoga qui m’a orienté vers le centre en me disant d’aller voir Jean-Jacques. 

Jean-Jacques était déjà malade quand je suis arrivée au centre et je n’ai pas pu le rencontrer, mais c’était le début du module « Mort et renaissance » avec Elio, et le sujet m’intéressait beaucoup. Je me suis donc inscrite. J’ai ainsi pris DB en cours de route et je l’ai suivi jusqu’au bout puis je l’ai suivi à nouveau avec François. 

Pour avancer dans ma pratique de méditation j’ai suivi des retraites vipassana avec Philippe et Jean-Jacques. À chaque retraite, ma compréhension s’approfondit. À chaque fois, je me dis : « Waouh j’ai vraiment compris... » jusqu’à la retraite suivante (rires) !

Je suis aussi les méditations du matin les mercredi et vendredi car ça apporte beaucoup de méditer en groupe. Les autres jours, j’ai des contraintes d’agendas et je médite toute seule. Quand je peux, je suis aussi les méditations du mercredi soir et les méditations vipassana deux soirées par mois.

Pendant le confinement, j’ai suivi beaucoup d’autres enseignements comme ceux de guéshé Damdoul sur le Soutra de la pousse de riz, ceux de vénérable Robina sur la vacuité ou ceux de guéshé Dakpa sur les Madhyamikas et les écoles bouddhistes. Vu mon âge, je me dis qu’il ne faut pas manquer une opportunité. 

Tu aides aussi le centre ?

Oui, vénérable Elisabeth m’a demandé si je voulais bien m’impliquer dans l’organisation du centre. J’ai bien sûr accepté car le centre m’apporte tellement... C’est la moindre des choses. Je deviens présidente d’ “Horizons sagesse”, l’association qui gère les salariés. Ça consiste à s’occuper du recrutement, rédiger les contrats, suivre la relation avec Pôle emploi, organiser la formation professionnelle des employés… Cela va permettre de décharger un peu Vénérable Elisabeth qui est très occupée.

Comment tu vois l’avenir ?

Je vais essayer de suivre le PEBA. Je ne peux pas me dire que je le ferai plus tard. La vie m’a montré qu’à aucun âge, d’ailleurs, on peut se dire « je ferai plus tard ».

J’aimerais aussi intégrer le bouddhisme encore plus dans ma vie quotidienne. Quand je regarde trois ans en arrière, je me rends compte que j’ai changé. Je m’énerve moins. J’ai un autre rapport aux animaux. J’ai plus de compassion… Ça me donne envie de continuer.

Je suis très contente d’être impliquée au centre. Entre “Découverte du Bouddhisme”, les retraites et les différents événements, j’ai eu l’occasion de rencontrer pas mal de monde. C’est vraiment une communauté très sympa et très ouverte. Les gens sont très différents mais ils sont tous réunis par la bienveillance. C’est une très grande chance de pouvoir faire partie de ça.