J’inspire, je sais que j’inspire, j’expire, je sais que j’expire… Non mais ça va durer encore longtemps ?

 

Vous ne trouvez pas ça fastidieux, parfois, de devoir reporter sans cesse votre attention sur un objet pendant la méditation ? Ça peut devenir agaçant à la fin… Pourquoi ne pourrais-je pas penser aux ingrédients de ma prochaine pizza ou imaginer les couleurs de mes prochaines baskets alors que je suis assis dans la posture requise ? Je vous vois sourire… Avouez que vous aimeriez parfois rêvasser ! Mais en fait, à quoi ça sert, cette fameuse attention ?

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Le boucan intérieur

Au quotidien, qu’est-ce que je pense, non mais, qu’est-ce que je pense… Je n’arrête pas de penser. À tout et à rien. Plutôt à rien, d’ailleurs. C’est cela que je commence à percevoir alors que je tente laborieusement de me concentrer sur l’inspir : en général, ça pense, ça rumine, ça élabore sans cesse… Mais à quoi ça me sert d’avoir toutes ces pensées ? À part m’agiter le cerveau ?

Alors ok, j’y vais. J’inspire, je sais que je j’inspire… J’expire, je sais que j’expire… Quelques secondes plus tard, v’là-t’y pas qu’une simple pensée survient et hop ! Je me suis laissé embarquer. Une fois de plus, j’ai oublié que je devais savoir que j’inspire. Mais comment puis-je perdre l’attention comme ça ? Je veux juste porter mon attention sur un bidule aussi bête que le souffle et je n’y arrive pas plus de quelques secondes. Comment est-ce possible ? 

Ma chère vigilance, tu vas voir ce que tu vas voir

Cette problématique, j’en ai fait un challenge personnel : maintenir mon attention sur le souffle. Non pas comme une obsession forcenée dont les résultats seraient exactement contraires au but recherché. Non. Comme une direction claire, une aspiration patiente et sans terme précis, mais persévérante et résolue. Je m’y suis mis. Et avec le temps, j’ai commencé à faire quelques découvertes.

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J’ose ainsi déclamer, tel un Newton ou un Einstein : “Une période de véritable attention, aussi brève soit-elle, est une période d’absence de souffrance.” Quant au manque d’attention, le cas le plus fréquent, il annule immédiatement cet effet. Je précise que je fais une distinction entre douleur physique et souffrance, les deux restant au départ non liés.

Eh bien voilà, je l’ai trouvé la méthode ! Il me suffit de rester dans l’attention, et à moi la libération !

Mais ce n’est pas aussi simple que ça… Il va falloir bosser… Et pas uniquement pendant la méditation. Néanmoins, le potentiel est si libérateur que cela me semble intéressant de relever le défi. 

Que l’instant présent demeure !

Certes, ce travail est long. Ce travail est très long. Ce travail est très très long. Pourtant, petit à petit, les enseignements bouddhistes aidant, un peu de compréhension commence à s’installer sur ce qu’est la pensée, comment elle fonctionne, comment elle surgit et comment elle s’épuise d’elle-même, telle une vague sur l’océan. Et avec le temps, un peu de vigilance s’installe parfois. Une fraction de seconde. Puis deux fractions de seconde. Puis une seconde.

Alors, patience et persévérance. Oui, je tente d’inspirer et expirer en conscience autant que possible pendant mes méditations, et je tente de maintenir la vigilance pendant les autres moments. Tout cela va durer encore un certain temps. Ou un temps certain. En fait, peu importe le temps que cela prendra, quelques premiers bienfaits s’installent déjà. Avec l’aide des Trois Joyaux, je renonce à la souffrance et je prends le chemin qui mène vers la liberté, tout en souhaitant aider les autres êtres à le trouver et à le parcourir. 

“Tout est possible”, disait Lama Yéshé. Pour ma part, j’y crois dur comme fer. C’est juste une question de temps.

 

Franck